L’amikacine est un antibiotique qui fait partie de la famille des aminosides (on en parle là). Découvert en 1972, l’amikacine fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’Organisation Mondiale de la Santé.

Pourquoi en parler spécifiquement ?

D’une part parce que cet antibiotique peut faire partie de la combinaison de base pour la prise en charge thérapeutique de certaines mycobactéries non tuberculeuses (Mycobacterium Abscessus par exemple). Mais, au-delà de ce point, l’amikacine peut être proposée en traitement par aérosol avec un certain nombre d’avantages. D’une part sur le plan de l’efficacité dans le cas des infections pulmonaires qui nous intéressent grâce à l’action directe au niveau pulmonaire. D’autre part sur le plan de la tolérance en évitant d’avoir une diffusion générale qui peut ouvrir la porte à des effets indésirables potentiellement importants.

En dehors de cette option par aérosol, l’amikacine est généralement administrée en perfusion intraveineuse lente (30 minutes) en une dose unique journalière.

Comme les autres médicaments de cette famille (les aminosides) un suivi du traitement est indispensable au-delà de 7 jours de prise (nous on est parti pour plusieurs mois…).

Pourquoi cette surveillance ?

D’abord parce que d’un individu à l’autre il peut y avoir, pour une même dose administrée, des différences de concentrations dans le sang.

Or, efficacité et toxicité sont liées aux concentrations du médicament dans le sang. Il est donc indispensable de bien en contrôler les concentrations pour être efficace sans être toxique.

Par ailleurs, et comme c’est le cas pour tous les aminosides, ‘l’amikacine présente une toxicité pour différents organes. Il faut don l’anticiper et les surveiller (oreille, rein, nerfs…).

Présentée comme ça, cela peut faire peur!

Mais votre médecin connait parfaitement ces médicaments. Il fera sans nulle doute une évaluation avant de débuter le traitement pour s’assurer qu’il n’y a pas de risque immédiat. De plus, en cours de traitement il fera des points réguliers pour confirmer l’efficacité et l’absence de toxicité.

Compte tenu de ces éléments, l’utilisation de l’amikacine sous forme d’aérosol prend tout son sens.

En effet, et c’est assez simple à comprendre, lorsque l’on fait une perfusion, le médicament est délivré directement dans le sang. Il va donc, avant d’atteindre les poumons (où l’on a besoin qu’il agisse), diffuser dans tout l’organisme.

L’aérosol lui (avec la formulation spécifique sous forme de liposome dont on parle ) sera donc délivré directement dans le poumon. Cela va donc limiter la diffusion à d’autres organe et réduire le risque de toxicité.

Cette option est donc intéressante mais… Parce qu’il y a toujours un mais… Il faut d’une part s’assurer que l’amikacine est active sur la mycobactérie qui vous concerne, et d’autre part qu’il n’y a pas de contre-indication majeure à son utilisation.

Si tous les feux sont au vert pour son utilisation, il restera ensuite un apprentissage d’une part pour la préparation de l’aérosol, et ensuite pour son utilisation !

Mais vous verrez, c’est faisable au final !

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